Agro-entrepreneuriat : Clarisse Tshikwata produit et transforme les tomates 100 % bio

Dans le cadre de la promotion de l’agro-entrepreneuriat, ya-biso.net vous conduit à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga à la découverte de Clarisse Tshikwata, une jeune agripreneure. Elle est fondatrice de Amshula Foods, une entreprise œuvrant dans le domaine agroalimentaire, notamment la production et la transformation des tomates.

3 ans jour pour jour, Clarisse Tshikwata s’est engagée à subvenir aux besoins de ses compatriotes, mais aussi contribue au développement de la RDC. Dans l’interview ci-dessous accordée à votre plateforme, Clarisse Tshikwata étale ses secrets de réussite dans l’agro-entrepreneuriat.

Ya-biso.net : Vous évoluez dans la production des tomates, ça fait combien de temps déjà ?

Je produisais les tomates depuis mon jeune âge dans le jardin familial. Lorsque je me suis mariée, j'ai vu l'importance de transformer cette passion en business à la suite des besoins que j'ai constatés dans mon environnement, c'est ainsi que depuis 3 ans je produis des tomates en grande en quantité.

Clarisse Tshikwata : Qu'est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans ce secteur ?

La tomate est l'un des aliments les plus consommés dans tous les ménages de notre pays. Chaque semaine, chaque ménage consomme 3 à 4 fois la tomate dans ses plats.  Cette denrée se fait parfois rares et son prix évolue selon les saisons, c’est ainsi que l'idée m'est venue de me lancer dans cette production pour répondre à un besoin important au sein de la population congolaise.

YB : Quelle est la particularité des tomates que vous produisez ?

CT : La particularité de nos tomates est qu’elles sont produites sans engrais chimiques.  Nous faisons la production bio. Nous transformons les tomates en purée, ketchup, confiture et poudre. Nos produits ne contiennent ni conservateur chimique, ni colorants. Je signale que nos produits sont conservables pendant 12 mois à l'abri la lumière et de la chaleur, un avantage pour les consommateurs qui veulent faire des provisions.

YB : Quels sont les résultats déjà obtenus depuis que vous vous êtes lancée dans la production des tomates ?

CT : Les résultats sont satisfaisants.  Nos clients sont contents de consommer des produits bio, sans additifs chimiques. Sur le plan personnel ce travail procure du pain pour la famille. Je peux dire : « je ne me plains pas ». Aussi les personnes qui travaillent pour Amshula Foods parviennent à survenir à leurs besoins élémentaires grâce à cette activité.

YB : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

CT : Les difficultés sont nombreuses. Certains Congolais ont l'habitude d'apprécier les produits importés au détriment des produits locaux. Nous pouvons démontrer à nos consommateurs l'avantage de ce que nous produisons localement et la conséquence des produits bourrés d'additifs chimiques que le marché international inonde chez nous.

L'autre difficulté, certains de nos compatriotes, au lieu d'acheter nos produits et les apprécier, préfèrent nous envoyer beaucoup de messages pour chercher la formule ou les procédés de nos produits, chose qu'ils ne demandent jamais aux multinationales qui inondent notre marché.

Une autre difficulté interne, c'est le manque d'emballage. En RDC, il n'existe pas d'usine qui produisent des emballages en verre, nous sommes obligés de les importer de l'étranger ce qui a de l'impact sur le coût de la production. Il en est de même pour des emballages en aluminium. C'est un casse-tête pour nous, mais nous faisons de notre mieux.

Enfin, le fait que nous devons nous occuper seuls de la production, de la transformation, du marketing et même de la vente de nos produits, nous surcharge. Nous aurions aimé nous occuper uniquement de la production et transformation et d'autres structures se chargent du reste. Ça nous faciliterait du travail.

YB : Qu'attendez-vous du gouvernement ?

CT : Ce que nous attendons du gouvernement, c'est d’assouplir les mesures fiscales surtout en cette période de pandémie de la Covid-19. Nous avons besoin d'importer des machines pour accroître notre productivité, le gouvernement devrait nous exonérer de certaines taxes et ça faciliterait les petites et moyennes entreprises de prospérer et servir la population surtout en cette période spéciale. L'autre chose que nous attendons du gouvernement c'est de faciliter l'obtention de crédit et le financement des jeunes entrepreneurs que nous sommes, beaucoup de jeunes ont des idées et ne savent pas les mettre en pratique faute de financement.

Enfin, le gouvernement devrait supprimer les barrières qui sont placées sur les routes de desserte agricole.  Par exemple pour se rendre à la ferme, je dois payer chaque jour 1000 FC auprès des agents de sécurité et ceux-ci doivent être multipliés au nombre d'engins de transport utilisés.  Cela pèse sur notre coût de production.  J'insiste sur ce point, car il nous arrive d'utiliser plusieurs motos pour transporter nos produits de la ferme (35 kilomètres de Lubumbashi) vers la ville et cela nous coute trop cher.

YB : Quelles sont vos perspectives d'avenir ?

CT : Nous visons à implanter des unités de production et de transformation dans chaque grande ville de la RDC ; agrandir notre unité de production principale et fournir nos produits sur le marché africain.

YB : Quel est votre dernier mot ?

CT : Les jeunes gens, en particulier les femmes, doivent beaucoup s'intéresser à l'agriculture, car l'agriculture est l'un des piliers sur lequel la République démocratique du Congo doit se reposer pour bien se développer.  L'agriculture ne doit pas être considérée comme un métier des villageois. Tout le monde, à tous les échelons, doit s'y intéresser.  Pour moi, l'agriculture est à la fois une passion et un business. En agissant ainsi, notre pays va se libérer de cette dépendance en produits alimentaires importés de l'étranger.

Commentaires (3)

  • Hugor Luz

    Toutes mes félicitations à cette femme d'exception. Les jeunes nous devons faire de l'agriculture notre cheval de bataille pour quitter la pauvreté.

    • June, 28 2020
  • Dydy kapend

    Nous vous encourageons. Vous êtes braves et rares congolais qui fasse ça. Je suis très curieuse de goûter aussi à la qualité bio tomate et toujours consommer les produits purement congolais. Merci à vous clarice et bon courage

    • June, 27 2020
  • Mbe Ndala Laurentine

    Félicitations, Madame. Que Dieu vous accompagne et vous ouvre de grandes portes.

    • June, 26 2020

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